Vitamines et fatigue : ce que dit vraiment la réglementation
Quels nutriments peuvent « contribuer à réduire la fatigue » ? Lire les VNR sur une étiquette, et savoir quand la fatigue mérite un avis médical.
Sommaire
« Coup de fatigue ? » Les compléments alimentaires qui promettent de l’énergie sont nombreux. Derrière ces promesses, il existe pourtant un cadre très précis. Le connaître aide à lire les étiquettes avec un œil plus critique, et à ne pas passer à côté d’une fatigue qui mérite autre chose qu’une cure de vitamines.
Une liste fermée d’allégations autorisées
Dans l’Union européenne, un complément alimentaire ne peut mettre en avant un effet sur la santé que s’il s’agit d’une allégation autorisée par le règlement (CE) n° 1924/2006 et inscrite au registre européen. Chaque allégation est liée à un nutriment précis, avec une formulation validée par l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA).
Pour la fatigue, la formulation autorisée est : « contribue à réduire la fatigue ». Elle ne peut être utilisée que pour :
- la vitamine B2 (riboflavine) ;
- la vitamine B3 (niacine) ;
- la vitamine B5 (acide pantothénique) ;
- la vitamine B6 ;
- la vitamine B9 (folates) ;
- la vitamine B12 ;
- la vitamine C ;
- le fer ;
- le magnésium.
La vitamine D, le zinc ou les plantes dites « énergisantes » n’en font pas partie. Le ginseng, la guarana ou la rhodiola, par exemple, ne disposent pas d’allégation autorisée à ce jour.
La condition : une quantité significative
Une allégation n’est valable que si le produit apporte une quantité significative du nutriment. Le règlement (UE) n° 1169/2011 fixe ce seuil à 15 % de la valeur nutritionnelle de référence (VNR) pour 100 g, ou par portion lorsque l’emballage n’en contient qu’une (7,5 % pour 100 ml pour les boissons). Pour un complément alimentaire, on raisonne en pratique par dose journalière.
C’est pour cela que l’étiquette affiche une colonne « % VNR ». Prenez l’habitude de la lire :
- un nutriment cité en gros sur l’emballage mais présent à 5 % des VNR n’a pas le droit de porter l’allégation ;
- un pourcentage très élevé n’est pas forcément un avantage : au-delà des besoins, l’organisme ne fait pas « plus d’énergie ».
Bien lire la formulation
Une allégation autorisée parle d’un nutriment, pas du produit. « La vitamine C contribue à réduire la fatigue » est correct. « Ce complément vous redonne de l’énergie en 7 jours » ne l’est pas.
Méfiez-vous aussi des promesses qui laissent entendre qu’une alimentation équilibrée ne suffirait pas : elles sont interdites. Les compléments alimentaires ne doivent pas se substituer à une alimentation variée et équilibrée.
Ne pas cumuler sans y penser
Les vitamines et minéraux ont des limites de sécurité. Prendre plusieurs compléments à la fois, ou un complément en plus d’aliments enrichis, peut conduire à dépasser ces limites sans s’en rendre compte. C’est particulièrement vrai pour le fer, la vitamine B6 ou la vitamine A.
- Faites la liste de ce que vous prenez déjà avant d’ajouter un produit.
- Respectez la dose journalière recommandée.
- Signalez vos compléments à votre médecin ou à votre pharmacien, surtout si vous suivez un traitement.
Quand la fatigue n’est pas une affaire de vitamines
Une fatigue passagère s’explique souvent par le manque de sommeil, le stress ou une période chargée. Revoir ses nuits et son rythme est souvent plus efficace que n’importe quel complément : voyez « Le sommeil, pilier du bien-être » et nos idées pour un petit-déjeuner équilibré.
Consultez un médecin si la fatigue :
- dure plus de quelques semaines malgré du repos ;
- s’accompagne d’un essoufflement, d’une perte de poids, de fièvre ou de saignements ;
- vous empêche de mener vos activités habituelles.
Une carence en fer, par exemple, se diagnostique par une prise de sang. Se supplémenter « au hasard » peut masquer le problème sans le régler.
En résumé
Seuls neuf nutriments peuvent légalement « contribuer à réduire la fatigue », et seulement s’ils sont présents en quantité suffisante. Lire la colonne % VNR, se méfier des promesses de résultats et prendre au sérieux une fatigue qui dure : ce sont les trois réflexes qui comptent.
Cet article est informatif et ne remplace pas l'avis d'un médecin, d'un pharmacien ou d'un diététicien. En cas de doute, de grossesse, de traitement en cours ou de symptômes persistants, consultez un professionnel de santé.